"Maman était connue dans la ville sous le nom de Little Butter Tart Lady."

Mon nom est Barb,
et c'est mon histoire SBH.

Ma mère, lorsqu’elle était une aînée, était une véritable boule d’énergie qui ne pensait jamais à elle. On l’appelait en ville la petite dame aux tartelettes au beurre. Tous ceux et celles qui parvenaient à mettre la main sur ses tartelettes au beurre et ses tartes s’estimaient chanceux.

En 1995, lorsque mon père est tombé malade et qu’il a dû subir une intervention difficile, ma mère l’a accompagné en avion à Winnipeg de chez nous, à The Pas. On a craint qu’il ne supporte pas l’anesthésie, mais il l’a fait. Pendant sa convalescence à l’hôpital, il a eu besoin d’un ventilateur pour l’aider à respirer.

Maman était une combattante et elle passait tout son temps avec papa. Quant à nous, leurs enfants, je vivais à The Pas et mon frère en Colombie-Britannique, alors nous passions le plus de temps possible avec eux.

Un jour, mon frère a emmené ma mère au centre-ville voir les décorations de Noël dans un grand magasin. Maman n’était pas en forme. Nous avons ainsi appris qu’elle n’était pas seulement bouleversée par tout ce qui arrivait à papa, elle avait des problèmes de cœur. À l’Hôpital Saint-Boniface, un médecin s’est assis avec nous trois et nous a dit que maman avait immédiatement besoin d’une chirurgie, sans quoi elle ne survivrait pas six mois.

Elle avait besoin d’une chirurgie de remplacement valvulaire. Le taux de survie à cette intervention est excellent, nous a-t- il dit, et même si elle allait devoir ralentir le rythme quelque temps, elle devait bien se rétablir.

Elle a été admise à l’unité des soins cardiaques et elle n’a plus jamais revu papa.

Son intervention, qui ne devait durer que quelques heures, s’est prolongée. Maman n’avait pas bien réagi – une partie de son cœur n’a pas recommencé à battre après l’installation de la valve. On pouvait aussi faire une chirurgie de pontage, mais elle était trop faible et elle a fait un grave infarctus du myocarde. Elle est décédée à l’unité des soins intensifs deux jours plus tard. Nous étions sous le choc.

Le personnel infirmier, qui savait que papa était encore à l’hôpital, a été extraordinaire. Nous n’aurions pas pu demander de meilleurs soins.

Nous devions informer papa. Toujours branché à un ventilateur, incapable de parler, il nous a écrit une note.

« J’aurais dû être auprès d’elle. »

C’était la période de Noël, nous avons donc reporté le service funéraire de maman en janvier, parce que nous voulions être avec papa. Nous avons pris des dispositions pour son retour à The Pas. Il a survécu trois jours seulement, mais au moins il est décédé chez lui.

***

L’Hôpital Saint-Boniface demeure pour moi un endroit très spécial. C’est là que j’y ai perdu ma mère, c’est également là où ma fille est née et où mon mari a reçu des soins cardiaques.

Lorsque maman était aux soins intensifs, nous lui avions apporté un gros ourson en peluche douce et moelleuse. Elle avait 76 ans et pourtant, elle le serrait contre elle très fort. À son décès, j’ai rapporté l’ourson chez moi. Mes enfants et mes petits-enfants l’ont aussi serré dans leurs bras à de nombreuses reprises. Grand-maman était ainsi là pour eux.